Diagnostic burn-out : cortisol et biomarqueurs

20 Jan 2026

Diagnostic burn out cortisol et autres marqueurs pour objectiver l’épuisement ?

Aujourd’hui, il n’existe aucun marqueur unique et infaillible permettant de poser, à lui seul, un diagnostic de burn-out. En revanche, la recherche scientifique a mis en évidence un faisceau d’indicateurs biologiques qui témoignent d’un épuisement physique et cognitif lié à un stress chronique prolongé. De véritables avancées pour des patients en quête de reconnaissance et de compréhension.

Ces marqueurs ne remplacent jamais l’écoute clinique ni l’analyse du vécu subjectif. Ils ne disent pas tout, certes. Mais ils apportent un éclairage précieux sur l’état du corps lorsque le mental flanche, lorsque les mots ne suffisent plus, lorsque la fatigue devient difficile à expliquer ou à faire reconnaître.

À La Fabrique de Flow, structure spécialisée dans la prévention des risques psychosociaux et l’accompagnement de la souffrance au travail, nous accompagnons chaque jour des personnes confrontées à cette zone grise : elles sentent que quelque chose ne va plus, mais peinent à objectiver leur épuisement. Or, être enfin entendu, compris et validé dans sa souffrance, c’est l’une des clés de la guérison.

Nous observons combien une lecture physiologique du stress permet de déculpabiliser, de mettre du sens sur des symptômes déroutants, et de poser les bases d’un rétablissement durable.

Dans cet article, nous vous proposons de comprendre comment certains biomarqueurs notamment le cortisol, la variabilité cardiaque ou les marqueurs inflammatoires peuvent enrichir l’évaluation d’un burn-out, sans jamais réduire l’expérience humaine à des chiffres.

Diagnostic burn-out et cortisol : pourquoi chercher des marqueurs biologiques ?

Le burn-out n’est pas uniquement une usure psychologique. C’est une désorganisation biologique profonde.

Lorsque le stress devient chronique, il dérègle l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (axe HPA), le système nerveux autonome et le système immunitaire. Le corps s’adapte, puis s’épuise à force de suradaptation.

Mesurer certains indicateurs biologiques permet alors de mieux comprendre ce qui se joue en profondeur. Ces marqueurs aident à situer le corps sur un continuum : hyperactivation, effondrement ou phase de régulation. Ils permettent aussi d’adapter le rythme et le contenu de la prise en charge, et de suivre objectivement les évolutions au fil du rétablissement.

Nous insistons toujours sur un point fondamental : il ne s’agit pas seulement de chercher une preuve médicale de votre souffrance, mais de donner au corps une voix supplémentaire dans le processus de compréhension et de guérison.

Diagnostic burn-out, cortisol salivaire : le marqueur central du stress chronique

Le cortisol est l’hormone clé de la réponse au stress. Son dosage salivaire est aujourd’hui la méthode la plus pertinente pour évaluer la dynamique de l’axe du stress, car il permet d’observer les variations naturelles du cortisol tout au long de la journée. Contrairement au dosage sanguin, qui reflète un instant figé, le cortisol salivaire donne accès à une courbe dynamique.

Des chercheurs comme Andrew Steptoe (University College London) ou Clemens Kirschbaum (Université de Dresde) ont largement documenté la sensibilité de ce marqueur au stress professionnel chronique.

Ce que révèle un profil de cortisol salivaire

Chez une personne en bonne régulation, le cortisol présente un pic environ trente minutes après le réveil, puis diminue progressivement jusqu’au soir.

Dans le cadre d’un burn-out, cette courbe est souvent altérée. Un pic faible au réveil peut traduire une phase d’épuisement avancé. Un cortisol élevé ou erratique peut, au contraire, signaler une hypervigilance chronique, un système resté bloqué en mode alerte.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi votre sommeil tombe systématiquement en panne à l’aube, pourquoi vous vous sentez vidé dès le matin, ou pourquoi votre corps semble incapable de « lâcher » malgré l’arrêt de travail ?

Ces manifestations trouvent souvent leur origine dans cette dérégulation hormonale.

Diagnostic burn-out : cortisol – Comment mesurer le cortisol en pratique

En France, plusieurs laboratoires proposent des kits de dosage salivaire à domicile.

Le protocole repose généralement sur quatre prélèvements dans la journée : au réveil, trente minutes plus tard, en milieu d’après-midi et le soir. Le coût varie entre quarante et quatre-vingts euros et ces tests sont rarement remboursés.

Attention, précaution d’usage – Ils doivent être réalisés hors épisode infectieux, sans prise de corticoïdes, et en évitant café, tabac ou brossage de dents avant le prélèvement.

Ce marqueur reste, à nos yeux, l’un des plus pertinents pour objectiver la charge de stress physiologique dans un contexte de burn-out.

Attention à certaines mesures et capteurs qui ne sont pas forcément reconnus ni validés scientifiquement (Voir l’article des Echos Cortisol et sueur)

Diagnostic burn-out – Le cortisol pileux : la mémoire biologique du stress

Le cortisol peut également être mesuré dans les cheveux.

Chaque centimètre de cheveu reflète environ un mois d’exposition au stress, offrant ainsi une vision cumulative de l’usure dans le temps. Ce marqueur est particulièrement intéressant chez les personnes ayant traversé plusieurs mois, voire plusieurs années de tension intense, ou après un arrêt prolongé, lorsque l’on souhaite évaluer la récupération réelle.

Encore peu répandu en France, ce test est néanmoins accessible via certains laboratoires européens. Il ne remplace pas le cortisol salivaire, mais le complète utilement. Néanmoins, ce test n’étant pas officiel en France, il n’est pas recevable notamment lors d’un conflit avec un employeur. Néanmoins, sur la base de ce test, un médecin peut vous rédiger une attestation, au même titre que pour le cortisol salivaire. Cela peut représenter une pièce de choix dans un dossier de reconnaissance de maladie professionnel, de demande d’inapatitude, de conflits aux prud’hommes, ou pour une simple négociation de sortie.

DHEA et ratio cortisol/DHEA : mesurer l’usure globale

La DHEA est une hormone souvent qualifiée d’hormone de la vitalité. Elle joue un rôle protecteur face aux effets délétères du cortisol. Lorsque le ratio cortisol/DHEA s’élève, cela indique que le corps s’épuise à maintenir sa réponse au stress sans parvenir à se régénérer. Ce ratio est un indicateur clé de la charge allostatique, c’est-à-dire du coût global de l’adaptation chronique.

Ce marqueur a souvent une portée symbolique forte. Il rappelle que la capacité à récupérer fait pleinement partie de la santé, au même titre que la performance.

Variabilité cardiaque : un miroir du système nerveux – l’indicateur le plus précoce

La variabilité de la fréquence cardiaque (VRC) reflète la capacité du système nerveux autonome à s’adapter aux changements.

Une VRC élevée traduit un bon équilibre entre activation et détente. Une VRC basse indique un système sous tension, qui ne parvient plus à récupérer.

Des chercheurs comme Julian Thayer ou Michael Meaney ont montré que la VRC diminue souvent bien avant l’effondrement du cortisol. C’est donc un excellent indicateur précoce du stress chronique.

Aujourd’hui, des capteurs accessibles permettent de mesurer simplement cette variabilité chaque matin.
Lorsque la VRC remonte progressivement, c’est souvent l’un des premiers signes tangibles de récupération.

Pour en savoir plus sur les troubles cardiaques et le burn out : Article Santé magazine

Inflammation, immunité et stress oxydatif : l’usure silencieuse

Le stress chronique entretient une inflammation de bas grade qui fragilise l’organisme. Des marqueurs comme la CRP ultra-sensible ou l’interleukine-6 permettent d’en évaluer l’intensité.

Parallèlement, une baisse des IgA salivaires peut traduire une fatigue immunitaire, souvent associée à des infections à répétition ou à une vulnérabilité accrue.

Enfin, le stress oxydatif, mesuré notamment via la 8-OHdG urinaire, témoigne d’une usure cellulaire invisible mais bien réelle.

Ces marqueurs complètent utilement un diagnostic burn-out cortisol chez les personnes souffrant de fatigue chronique, de douleurs diffuses ou de troubles cognitifs persistants.

Comment interpréter un diagnostic burn-out cortisol

Diagnostic burn out : l’intérêt du croisement des marqueurs

Un dosage isolé n’a que peu de sens. L’intérêt réside dans le croisement des marqueurs, leur évolution dans le temps, et leur confrontation au vécu clinique.

On distingue généralement trois profils :

  • un état d’hyperactivation
  • un état d’épuisement
  • ou une phase de régulation progressive

Ces profils orientent ensuite les priorités de soin, le rythme de reprise et l’intensité des interventions.

Ils ne posent jamais un verdict définitif. Ils ouvrent des pistes de compréhension et permettent d’établir un dialogue de qualité avec un médecin. Les plus ouverts à ces approches sont des spécialistes de la médecine fonctionnelle, malheureusement encore trop peu développée en France. Néanmoins, des intervenants de qualité existent. Durant nos accompagnements de coaching individuel d’accompagnement du burn out, nous pourrons vous diriger vers les médecins les plus adaptés à votre situation.

Diagnostic burn out – Avant les marqueurs biologiques, l’importance d’une évaluation globale du burn-out

Avant même de s’intéresser au cortisol ou aux analyses biologiques, une question centrale se pose : où en êtes-vous réellement dans votre burn-out ?

Le burn-out n’est pas un phénomène unidimensionnel. Il ne se limite ni à la fatigue, ni à l’anxiété, ni à un effondrement soudain. Il s’exprime à travers un ensemble de dimensions entremêlées : fatigue physique persistante, surcharge cognitive, troubles de la concentration, altération de la mémoire, affaiblissement du système immunitaire, désengagement émotionnel, comportements de suradaptation, troubles de l’humeur, …

C’est précisément pour cette raison que nous avons conçu en partenariat avec des médecins, des psychologues et des chercheurs en neurosciences le test burn-out BOWS.

En plus du questionnaire Maslach Burn out Inventory, il ne se limite pas à une échelle psychologique unique. Il intègre les dimensions somatiques, cognitives, comportementales et contextuelles du burn-out, afin de proposer une lecture fine et nuancée de votre situation.

Ce test permet d’objectiver votre niveau d’épuisement, mais aussi votre capacité actuelle de récupération. Il constitue très souvent une première étape essentielle, soit avant de recourir à des marqueurs biologiques, soit pour interpréter leurs résultats avec justesse et cohérence.

Faire ce test, ce n’est pas chercher une étiquette. C’est commencer à mettre de la clarté là où règnent le doute, la confusion et la culpabilité.

En quelques minutes, faites le point sur votre situation.

Diagnostic burn out, cortisol et cadre légal : objectiver sans se réduire à des preuves

Sur le plan juridique, en France, le burn-out ne se prouve pas par un biomarqueur isolé.

En cas de conflit avec l’employeur, de procédure prud’homale ou de demande de reconnaissance, les juridictions s’appuient sur un faisceau d’éléments concordants.

Les certificats médicaux circonstanciés, les ordonnances, les arrêts de travail, les attestations de suivi et les éléments factuels sur les conditions de travail sont centraux (voir la fiche pratique Burn out et maladie professionnelle et la fiche Burn out – quel suivi médical)

Les marqueurs biologiques peuvent venir renforcer ce faisceau, en objectivant l’impact du stress chronique sur la santé, sans constituer à eux seuls une preuve juridique. C’est dans cette logique que nous travaillons en partenariat avec plusieurs avocats partenaires dont Anne Nachbar, avocate en droit du travail, afin d’aider nos clients à articuler de manière cohérente les dimensions médicale, psychologique et juridique de leur situation.

Si votre burn out ne permet pas votre maintien au sein de votre entreprise et que vous souhaitez mettre en place une stratégie de départ sécurisante, nous sommes là pour en discuter avec vous. Notre équipe et nos avocats partenaires vous aideront à trouver des alternatives à la démission, adaptées à votre dossier et à votre situation. Des solutions existent, venez-vous en discuter avec nous (Prise de rdv en visio)

Diagnostic burn out – Après l’évaluation : que faire concrètement ?

Une fois les marqueurs identifiés, l’enjeu n’est pas de corriger des chiffres. Il s’agit de réapprendre à écouter le corps et de reconstruire un équilibre durable.

  • Nos accompagnements s’articulent autour de trois axes complémentaires :
  • la régénération physiologique
  • la rééducation du système nerveux
  • le réalignement de la trajectoire professionnelle.

C’est ce travail progressif et structuré qui permet de restaurer à la fois le terrain biologique et la confiance psychique, et de prévenir les rechutes.

Pour aller plus loin

Si vous vous reconnaissez dans ces descriptions, nous vous invitons à répondre au test burn-out BOWS, conçu avec des médecins, psychologues et chercheurs en neurosciences, afin d’obtenir une première évaluation fiable et nuancée de votre situation.

Vous pouvez également découvrir notre programme burn-out, pensé pour accompagner la récupération en profondeur et sécuriser la suite du parcours, ainsi que nos fiches pratiques, élaborées avec des avocats et experts RH, pour vous aider à naviguer les dimensions professionnelles et juridiques du burn-out.

Je suis coach et formatrice et je vous aide à surmonter des épreuves et challenges professionnels

Emmanuelle Wyart Coach Formatrice épanouissement professionnel

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